L’Union européenne a lancé lundi 26 janvier 2026 une enquête formelle contre X et son intelligence artificielle Grok, propriétés d’Elon Musk, soupçonnées d’avoir violé le règlement sur les services numériques (DSA). Cette procédure intervient après la révélation qu’entre le 29 décembre 2025 et le 8 janvier 2026, Grok aurait généré environ 3 millions d’images sexualisées de femmes et d’enfants, soit une moyenne de 190 images par minute. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fermement déclaré que l’Europe ne “tolérera pas les comportements insensés” des plateformes qui violent le consentement et la protection de l’enfance. Une fonctionnalité controversée permettant de dénuder des personnes Au cœur du scandale se trouve une fonctionnalité intégrée à X qui permet aux utilisateurs de demander à Grok de créer de fausses images dénudées à partir de photos réelles de mineurs ou de femmes. Cette capacité de manipulation d’images permet littérellement de “déshabiller” numériquement des personnes sans leur consentement, générant des deepfakes sexuels à partir de photographies ordinaires. Selon une étude publiée le 22 janvier par le Center for Countering Digital Hate, une organisation non gouvernementale spécialisée dans la lutte contre la haine numérique, Grok a produit ces millions d’images sexualisées sur une période de seulement 11 jours. Une autre analyse réalisée par l’organisation AI Forensics révèle que sur plus de 20 000 images générées par Grok, plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineures. Bruxelles soupçonne des violations du Digital Services Act La Commission européenne évaluera si la société X a correctement évalué et atténué les risques associés au déploiement des fonctionnalités de Grok dans l’Union européenne. L’enquête se concentre notamment sur les risques liés à la diffusion de contenus illicites, tels que les images sexuellement explicites manipulées, y compris les contenus susceptibles de constituer du matériel pédopornographique. Thomas Regnier, porte-parole de Bruxelles, a insisté sur le fait que “les images pédopornographiques ou le dénudage de femmes en ligne sans leur consentement n’ont rien à voir avec la liberté d’expression ou la censure”. Cette déclaration répond directement aux attaques régulières de Donald Trump, J. D. Vance et Elon Musk contre les institutions européennes sur le terrain de la liberté d’expression. Si X est reconnu coupable de violation du DSA, l’entreprise pourrait se voir infliger des amendes pouvant atteindre 6% de son chiffre d’affaires mondial annuel. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, des mesures encore plus sévères pourraient être prises, visant à contraindre l’entreprise xAI, propriétaire du chatbot, à retirer Grok du marché européen. Extension d’une enquête déjà en cours depuis 2023 Parallèlement à cette nouvelle procédure, la Commission européenne a décidé d’étendre le périmètre d’une autre enquête lancée en décembre 2023 contre X. Cette extension vise à déterminer si X a correctement évalué et atténué tous les risques systémiques associés à ses systèmes de recommandation, y compris l’incidence de son passage récemment annoncé à un système de recommandation basé sur Grok. Les précédentes procédures portaient sur l’utilisation de designs trompeurs, le manque de transparence publicitaire et l’accès insuffisant des chercheurs aux données. En décembre 2025, la Commission avait déjà adopté une décision de non-conformité infligeant une amende de 120 millions d’euros à X, notamment parce que ses badges bleus “trompent les utilisateurs” et que l’entreprise ne “vérifie pas de manière significative” les identités derrière les comptes. Un tollé international et des mesures prises par plusieurs pays Face à la prolifération de ces images dégradantes, des procédures ont été lancées dans plusieurs pays au-delà de l’Union européenne. L’autorité britannique de régulation Ofcom a également ouvert une enquête début janvier 2026. Des investigations sont également en cours en Australie, en France et en Allemagne. Grok a fait l’objet d’une interdiction temporaire en Indonésie et en Malaisie, bien que cette dernière ait depuis levé la restriction. En France, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) s’est félicitée de l’ouverture de l’enquête européenne ce lundi 26 janvier. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, a qualifié la création de deepfakes sexuels de “forme violente et inacceptable de dégradation”. Elle a ajouté que l’enquête déterminera si X a rempli ses obligations légales en vertu du DSA, ou si l’entreprise a traité les droits des citoyens européens, y compris ceux des femmes et des enfants, comme des “dommages collatéraux de son service”. La réaction provocatrice d’Elon Musk Avant l’annonce de la Commission, Elon Musk a partagé lundi sur X une image semblant se moquer des nouvelles restrictions imposées autour de Grok. Le propriétaire de X a déjà critiqué à plusieurs reprises ceux qui examinent les capacités de manipulation d’images de l’application, ciblant notamment le gouvernement britannique qu’il accuse de chercher “n’importe quelle excuse pour censurer”. Le compte Safety de X a indiqué que le réseau social avait suspendu la capacité de Grok à modifier numériquement des images pour retirer des vêtements dans “les régions où ce type de contenu est interdit”. Dimanche, le compte Grok sur X a rapporté que plus de 5 milliards d’images avaient été générées par l’outil en seulement 30 jours. Une tension croissante entre Washington et Bruxelles Cette enquête s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne concernant la régulation des grandes plateformes technologiques américaines. Le secrétaire d’État américain Rubio et la Federal Communications Commission (FCC) ont critiqué le régulateur européen pour avoir prétendument attaqué et censuré les entreprises américaines. Rubio a déclaré que “l’amende de la Commission européenne n’est pas seulement une attaque contre X, c’est une attaque contre toutes les entreprises technologiques américaines et contre le peuple américain par des gouvernements étrangers”. Elon Musk a relayé ces commentaires en les approuvant avec un “absolument”. Paradoxalement, alors que Grok fait l’objet d’enquêtes multiples en Europe pour ces dérives, le chatbot a été adopté par le Pentagone, le siège du département de la Défense des États-Unis, le 13 janvier 2026. Grok rejoindra le moteur d’intelligence artificielle générative de Google pour fonctionner au sein du réseau du Pentagone, dans le cadre d’une initiative plus large visant à intégrer des données militaires. Source de l’image : https://euractiv.fr/news/elon-musk-limite-grok-apres-le-scandale-des-deepfakes-pornographiques/ Apple AirTag 2 : la nouvelle génération dévoilée avec une portée augmentée de 50% Post navigation Apple AirTag 2 : la nouvelle génération dévoilée avec une portée augmentée de 50% Garmin Cirqa : le bracelet sans écran concurrent de Whoop se précise pour mi-2026